"Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" Hölderlin

vendredi 30 octobre 2026

Une chambre à soi

Ce blog vit de nouveau, on verra pour combien de temps.

J'ai l'impression d'avoir réouvert une vieille maison de campagne, laissée pendant trop longtemps à l'abandon. J'ai passé un coup de peinture, revu la décoration, fait quelques réparations, aéré les pièces. Il est doux d'avoir de nouveau un espace pour soi-même, loin de l'agitation des réseaux sociaux, loin des injonctions à l'immédiateté ou à la validation sociale.

Ecrire sans voir le flux de tous ceux tentant de se faire une place dans l'économie de l'attention sur X, Instagram, Substrack ou autre est particulièrement plaisant. Cette purée de mots mis bout à bout, agencés à 80% par l'IA désormais m'écoeure. Trouver un propos simple, précis, synthétique devient trop rare. La mode est aux paragraphes boursouflés. La mode passera.

Je suis persuadé qu'après des années de frénésie et de recherche d'attention, certains auront une démarche similaire. Retrouver son autonomie, prendre la tangente et (re)créer son espace deviendra naturel. Plus fondamentalement, la reprise en main de son destin, l'autoproduction, l'autostockage, la recherche d'une certaine autarcie deviendront une tendance de fond de nos sociétés. 

Nous avons besoin de reprendre notre destin en main. Prendre le contrôle de son espace d'expression numérique est ici un premier petit pas. 

jeudi 29 octobre 2026

Foultitude de représentations

Quand on n'a plus rien à dire sur le fond, on tente d'exister sur la forme.

On joue sur les effets, on essaie des formats originaux et disruptifs. On fait de la mousse.

La multiplication des représentations différentes du même néant ne change rien à l'affaire. La représentation du vide ne change rien à sa nature profonde.

Un vide trop souvent bavard d'ailleurs, saturant l'espace informationnel et notre temps de cerveau disponible. 

Pour survivre, il faut réapprendre à débrancher. 

Vraiment. 


La démocratie en col Mao

Un footballeur s’est fait remonter les bretelles par les autorités politiques d’un pays puissant. Traiter de dictateur un tyran ayant contribué à la mort de 40 à 70 millions de ses concitoyens était en effet une insulte insupportable. 

Alors comme à la grande époque de la joyeuse Révolution Culturelle, le joueur, son club, la ligue de football ont fait leur autocritique, jugée au final suffisamment sincère par l’orgueilleuse puissance pour pardonner. L’essentiel est sauf. Si Mbappé a perdu quelques contrats la ligue de football espagnole et le Real de Madrid continueront à dealer leur opium du peuple. Rien ne change. 

Cette séquence est un scandale, au sens étymologique du terme : un piège. Le piège a fonctionné, le message est passé : il n’est pas permis de critiquer la grande puissance, impossible de dire l’évidence. Les forces de l’argent, les dépendances stratégiques sont trop fortes pour résister. Nos vieilles démocraties ne peuvent pas entrer dans un rapport de force.

Les Chinois ont pris note et s’en souviendront sur des sujets autrement plus stratégiques. De notre côté nous passerons dès demain à autre chose. Peu importent l’autonomie et l’indépendance tant que l’on peut continuer à consommer sans entraves.