"Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" Hölderlin

dimanche 8 novembre 2026

Monétisation

L’époque est à la monétisation, à cette obsession marchande qui finit par tout recouvrir. Il paraît loin, le temps où des passionnés tenaient des blogs consacrés aux derniers disques, à la géopolitique ou à la mécanique des fluides, sans autre ambition que de partager ce qui les intéressait. Quelques naufragés subsistent çà et là, mais ils ont été supplantés par les influenceurs, plus ou moins assumés pullulant sur les réseaux sociaux. L’essentiel n’est plus tant le contenu que la possibilité de le convertir en revenus.
Désormais, lorsque quelqu’un recommande un livre, un hôtel ou un vêtement, tu ne sais plus très bien si le lien d’affiliation découle de la recommandation ou s’il l’a suscitée. Le doute s’installe : ce conseil est-il sincère ou simplement rentable ? Cette incertitude altère ton rapport au monde extérieur. Un soupçon vient entacher chacune de tes lectures.
L’ironie veut que les principaux promoteurs de la simplicité et du minimalisme soient aussi des vendeurs de livres, de conférences et parfois d’objets, la jolie dissonance cognitive. Peu à peu, leurs écrits semblent conçus pour conduire au bouton « Acheter ». Ce qui ne peut être monétisé finit alors par être délaissé.
L’excellent et radical mnmlist de Leo Babauta, qui a inspiré Ristretto, du moins dans sa forme, en fournit un bon exemple. Le site demeure en ligne, mais le projet a été abandonné tandis que prospéraient ailleurs les livres, les formations et les abonnements.
Lorsque la perspective du revenu précède le désir d’écrire, elle finit inévitablement par orienter les sujets, le ton et jusqu’aux idées elles-mêmes. Retrouver le plaisir de produire du contenu et de faire circuler des idées, sans pression, sans stratégie et sans objectif particulier est pourtant un joli projet. 

vendredi 6 novembre 2026

Commence par les tâches passives

Quand ta journée commence, tu as souvent le choix entre un éventail de choses à faire. Tu peux procrastiner et reprendre un café, tu peux te lancer sur la tâche la plus complexe nécessitant le plus d'énergie ou attaquer doucement des tâches administratives.

Le bon choix est de lancer les tâches passives. Une tâche passive peut être déléguée à un tiers (collaborateur, prestataire ou autre) ou nécessiter un délai de réponse (demander une autorisation, lancer son LLM...)

Pourquoi alors lancer en premier les tâches passives ? Parce qu'elles sont réalisées par d'autres et vont s'accomplir en toile de fond, après ta première impulsion. Une fois ces tâches lancées, tu peux te concentrer sur les tâches actives que tu dois gérer en direct et donc paralléliser les tâches avec les tâches passives. 

Quand tu y penses, tu appliques ici le principe d'organisation de tout bon cuisinier : tu fais d'abord bouillir l'eau (tâche passive) et pendant que l'eau chauffe tu vas couper les légumes (tâche active) que tu feras cuire ensuite. 

Tout ceci nécessite un peu de réflexion mais le résultat en termes de gains de productivité est bluffant. 

mercredi 4 novembre 2026

Nuées de sauterelles

D'un côté, nous avons les néo-réactionnaires qui appréhendent le monde, ressources comme personnes comme un fond inépuisable à exploiter au maximum. Quand tout aura été extrait, les élites pourront se réfugier dans une gated community ou quitter cette planète avec leur vaisseau spatial. 

De l'autre, nous avons les néo-révolutionnaires appelant à taxer de manière confiscatoire les grands patrimoines et les hauts revenus pour financer des mesures sociales. Ici, nulle introspection sur les changements de comportement prévisibles. On peut pourtant s'attendre à un ajustement du niveau d'effort des assujettis qui produiront tout simplement moins de valeur taxable. Là aussi l'extraction de valeur à une limite. 

Il y a 30 ans sortait Independance Day au cinéma.