Les récentes émeutes ayant eu lieu en France ou ailleurs dans le monde sont parfois vues comme l'expression d'une révolte contre le capitalisme et les excès d'une oligarchie ayant pris le pouvoir. Les pillages ne seraient qu'une réactualisation de la prise au tas chère à Kropotkine.
Mais est-ce véritablement l'histoire qui s'est jouée ? Ces pillages sont-ils réellement l'expression d'une haine contre le capitalisme et son hyperconsumérisme ? S'il y avait eu haine, les sacs Vuitton et autres biens de plus ou moins grand luxe auraient été brûlés dans des feux de joie. Au contraire, ces biens ont été accaparés car ils expriment un idéal : la volonté de consommer sans entrave, de pouvoir enfin toucher ces choses trop chères pour soi.
Les émeutes ne sont pas l'expression d'un rejet du capitalisme. Si tel avait été le cas, elles auraient abouti à d'autres résultats, une autre esthétique aussi. Non, ces émeutes sont une déclaration d'amour à la société de consommation, l'expression de la grande frustration des masses.
La décroissance a vécu, la frugalité aussi. Tous les ambitieux, d'un extrême à l'autre du spectre politique, partout dans le monde, parlent de pouvoir d'achat, c'est à dire du pouvoir d'acquérir des choses, bien au-delà de la couverture de ses simples besoins essentiels.
Le capitalisme de l'attention et de la frustration fonctionne trop bien, même les décroissants ont en main le dernier iPhone.
La tension ne peut que croitre, la violence et la répression aussi, faute de futur alternatif.
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