"Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" Hölderlin
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mercredi 11 juillet 2018

Carte, image, mot

La carte n'est pas le territoire. 

L'image n'est pas le souvenir.

Le mot n'est pas le sentiment. 

Misère des représentations.

lundi 10 juillet 2017

Parc d'attraction

Tu feuillettes un magazine ou tu erres sur Instagram. On te fait ici l'éloge d'une épicerie indienne située à Londres qui te ferait voyager à Bombay, là d'un restaurant français a New York qui t'emmènerait sur la butte Montmartre ou d'un spa à Paris qui te télé-transporterait aux Maldives. 

Les décors sont soignés, l'expérience immersive mais rassurante, l'exotisme sous contrôle. Tu as accès au fantasme d'un ailleurs, à sa représentation policée respectant les clichés indispensables à ton contentement. 

On te propose tout simplement une expérience de parc d'attraction, digne des effets de manche de Disneyland. Tu tombes dans les mêmes pièges que les enfants affublés d'oreilles de Mickey.

Et dire que tu t'imaginais en dénicheur de tendances et de bons plans authentiques. Regarde ton environnement comme un parc d'attraction permanent.

samedi 8 octobre 2016

Photo sans filtre

Quand tu prends une photo, même sur Instragram, tu refuses les filtres, les effets qui rendent ton image jolie, parfaite, reproductible. Tu aimes cette lumière moyenne, cette ombre disgracieuse, ce portrait plein de jolies imperfections. 

Toute la singularité du souvenir est là. Tu es démodé, tu le sais. 

Non, l'heure est à l'image ripolinée, parfaite, mise en scène, glossy, sexy, shiny. Tu vois même apparaître des filtres avec un algorithme qui corrige la forme du visage ou la taille des yeux, histoire de créer un double parfait de tes proches et de toi-même.

Pourquoi cette recherche mortifère du parfait (seul le vide est parfait) alors que la vie est l'expression même de l'imperfection et du hasard ?

jeudi 18 août 2016

Montaigne sur Facebook

Gusdorf dit : « toute vie, y compris la plus simple, est vécue sur le mode du roman, le roman que chacun se raconte à soi-même et de sa propre vie, dans la joie ou dans la peine ».

Mieux, c'est en écrivant son propre roman, en créant ton personnage "public" que tu apprends à te connaître et à construire ta personnalité. Les réseaux sociaux, les mises en scène qu'ils autorisent sont désormais essentiels dans la construction d'une identité. 

Tu dois donc sortir des lieux communs sur le côté purement artificiel des réseaux sociaux. Rien n'est vrai, tout n'est qu'artifice dis-tu. Pourtant rien n'est plus faux. 

Tu mets bien entendu en avant tel ou tel aspect de ta personnalité sur Facebook ou Instagram mais ce que tu es n'est jamais à l'opposé de ce que tu montres. Au contraire, tu donnes à voir la quintessence de ton être, de manière plus ou moins consciente, plus ou moins habile. La modeuse sur Instagram ne triche pas, elle se dévoile réellement. Ne te laisse pas éblouir par sa parfaite maîtrise de l'outil, sa mise en scène est sincère. 

C'est en cela que les réseaux sociaux t'aident dans la construction de ton identité. Ils te permettent de faire le tri, de montrer qui tu es dans le fond. Comme l'écriture et la lecture rétrospective d'un journal intime t'aident à mesurer le chemin parcouru et à mieux te connaître. 

Finalement, Montaigne n'est pas si loin quand tu postes tes photos sur Facebook...

samedi 13 août 2016

Retour de la figuration : un besoin de corps charnel ?

On observe dans l'art contemporain un retour à la représentation figurative. 

Est-ce que cela doit être lié à l'explosion des réseaux sociaux, à la mise en scène permanente des ego et des corps sur Facebook ou Instagram ? 

Après des années d'abstraction, de rejet des corps dans les arts plastiques, ne revient-on pas à un besoin de chair, d'enracinement, de corps avec toutes leurs imperfections ? Ou au contraire, ce besoin de corps charnel n'est-il pas trompeur ? Après tout, le corps est représenté par le biais d'un idéal, de représentations sans lien avec la réalité (Retour à l'abstraction en sorte). 

As-tu la réponse ?